Tu sais, toi.

Je me souviens d’elle, de nous, de tout.
Je revois sa rage d’apprendre pour gravir les places,
jusqu’à celles de promus de la promo,
comme une athlète qui s’entraînait,
avant de s’attaquer aujourd’hui,
aux échelons de la hiérarchie sociale et de ceux du monde des affaires.
Dure pour un homme de trouver sa place là-dedans
et j’ai pourtant remplacé ses anti-dépresseurs,
avec la contrepartie d’être parti avant le lever du jour.
De toute façon, elle m’a toujours préféré comme ami aimant,
plutôt que comme petit ami pas assez amant.
Et je vais vous faire une confidence, nos 5 à 7 étaient parfois trop court,
mais aurait-on survécu à un rythme de 5 jours sur 7 ?

Vous savez qui c’est ?
C’était cette charmante jeune fille,
que j’ai vu maman aimante,
et que j’aimerai toujours comme une femme.

Je sens encore cette fibre maternelle qui l’unissait tant à ses filles.
Elles étaient cet écosystème qu’il fallait que j’intègre,
pour me frayer un chemin jusqu’au creux de ses bras
et une fois le couvre-feux passé, le creux de ses reins.
Mon monde de relation de couple binaire y a subi une joyeuse révolution,
ce simple nous, prit une ampleur toute autre grâce à leurs bouclettes.
Un après-midi plage devenait une véritable petite expédition,
où la préoccupation dernière devenait soi,
juste après celle de se prélasser au soleil avec insouciance.
Mais malgré cette vie de sacrifices et de plannings trop chargés,
je n’oublierai jamais ces moments magiques,
où les enfants arrêtaient le temps pour nous.

Vous savez qui c’est ?
C’était cette charmante maman aimante,
que j’ai vu jeune fille,
et que j’aimerai toujours comme une femme.

Je frissonne encore juste à l’évocation de nos ébats,
où elle m’a montré pourquoi on les appelle femmes
et non plus, et Dieu merci, jeune fille.
Son regard prenait des profondeurs inouïes
pour me donner la mesure de son désir
et son corps prenait des cambrures profanes
pour m’indiquer le chemin de ses envies.
Nous étions redevenus de grands enfants,
dont le bac à sable s’était changé en un lit,
que l’on étirait selon nos pulsions jusqu’à la cuisine.
Les pelles et les seaux avaient été remplacés,
même si nous leur aurions trouvé une utilité,
par des sex toys et du popp’,
adoptés lors d’une après midi shopping.
Notre communication n’était plus faite de babillements,
fréquemment monosyllabique
et entrecoupée de gémissements.
Nos mots exprimaient nos corps aphones de plaisirs,
car eux seuls pouvaient se permettre « Prends moi ! ».
Je pense que je garderai longtemps le goût de sa peau,
sur le bout de mes doigts.

Tu t’es reconnue ?
Toi, cette charmante jeune femme,
que j’ai vu maman amante,
et que j’aimerai toujours.